Bon point pour un bon vendeur et premières impressions sur le Canon EOS 40D
Sorti d’une phase de travail intellectuel intense de plus de deux mois, je suis allé me changer les idées. J’avais l’intention de prendre en main une bête de course, à savoir le Canon EOS 40D. Très loin de pouvoir me le payer suite à mes déboires avec mon ex-employeur – qui rappelons-le prétendait être mon ami -, j’ai pu prendre quelques clichés à vide au magasin Planet Saturn de Mérignac. Sans vouloir faire de la publicité au magasin, je voudrais surtout remercier Florian, le vendeur qui m’a accueilli au rayon photo, car il est d’une rare gentillesse. Et lui laisser mon adresse mail qui effectivement n’apparait nulle part sur mon blog : olive [at] deep-ocean [point] net.
J’ai pu donc tester l’EOS 40D avec les objectifs Canon EF-S 17-85mm f/4-5.6 IS USM et EF 100mm f/2.8 Macro. Autant dire que le fossé entre mon EOS 350D et le 40D est large :
- le viseur du 40D est un peu plus large. Bien que la différence ne soit pas énorme, je le trouve plus piqué, un poil plus lumineux et plus précis ; les capteurs AF utilisés pour la mise au point sont plus visibles, ça aide à savoir si l’appareil a fait un bon choix AF ou non.
- la prise en main est bien meilleure. Je trouve le 350D trop petit pour ma main, le 40D est parfait. Le grip est plus large, plus confortable, les doigts accrochent mieux dessus. Bien que le 40D soit plus lourd (je préfère), la forme et la matière du grip le rendent paradoxalement plus stable en prise « une main ». Par ailleurs, avec l’EF 100mm, l’ensemble appareil-objectif est bien plus équilibré.
- la combinaison « roulette + joypad » ne me siet pas, au premier abord : impossible de faire un réglage de tête avec une seule main, tant il faut bouger le pouce (la roulette ne donne que gauche-droite-entrée). De ce côté je préférais le 350D. Les boutons ISO-WB-… en accès direct sous l’index droit donnent le même résultat en terme de nombre de clics pour modifier un paramètre donné, mais la double mobilisation index-pouce met en péril la prise « une main » de l’appareil.
- L’écran LCD est bien plus large et plus lumineux ; on lit plus facilement, les menus sont plus clairs. Malgré ça je n’ai pas trouvé tout de suite ce que je cherchais, ça doit être l’habitude d’utilisation du 350D qui fait son effet, mais ça changera après quelques heures d’utilisation je pense. Le grand écran est vraiment confortable.
- l’écran ACL est dessus au lieu de derrière. Encore une habitude, je le cherche derrière. Curieusement quand on modifie le capteur AF il n’y a pas de rappel d’affichage dans le LCD (ça ne mangerait pas de pain de le faire…). Le mouvement pour « voir » le changement est donc différent : au lieu d’éloigner l’appareil de son visage, il faut le faire descendre, et du coup pencher la tête, tordre les poignets et changer la prise sur l’objectif. C’était le mouvement classique sur un réflex 24×36 argentique car l’ACL était aussi sur le dessus à cause de la pellicule à l’arrière. C’est un geste moins agréable et plus long à mon goût ; un changement de paramètrage entre deux vues est donc d’un « coût » non négligeable pour le photographe (c’est plus rapide sur le 350D), et il est impossible à obtenir en prise « une main » sans une sacré prise de risque. Le point va donc au 350D (ACL à l’arrière), ou aux Nikon (comme le D60 qui rappelle tous les réglages dans l’écran LCD).
- Il y a un certain nombre de micro-points positifs en termes d’ergonomie, comme le rappel de la sensibilité ISO dans l’ACL et le viseur, la molette de changement de mode (P-Av-Tv…) à gauche (je préfère, car dans la prise une main la molette à droite ne m’est d’aucune utilité vu que je ne change pratiquement jamais de mode dans une session de photo-shooting).
- Le bruit du mouvement de mirroir est doux, bien plus « mat » que le 350D. Ce n’est pas grand chose, mais ça joue beaucoup. Ça ressemble au toucher d’un grand piano par rapport à un clavier électronique premier prix. De surcroît, le 40D fait moins de bruit.
- La vitesse de prise de vue est bluffante : 6 images à la seconde, vraiment. Pour moi c’est un point décisif par rapport au 350D ou au 5D. Ça ouvre de nouveaux horizons à la photo de nains en mouvement, aux portraits de modèles récalcitrants ou au shooting de sport (windsurf, tennis, roller…)
Il déclenche vite, très vite, très très vite. Je trouvais déjà que le 350D creusait l’écart avec les bons compacts, là ça devient un gouffre. - J’ai toujours du mal avec la taille du capteur APS : le 100mm Macro est « trop » zoomé pour moi, impossible de s’en servir à moins de 20m de quelque chose (à part pour de la macro, évidemment), ça le limite vraiment trop – à mon goût – en termes de plage d’utilisation. Je suis curieux de voir ce que ça va donner sur le 5D, sans le facteur 1,6.
Mes conclusion de ce test éclair de l’EOS 40D :
- c’est un sacrément bon réflex en termes de vitesse de prise de vue, de qualité globale du boitier (il ne craint pas la pluie ni la poussière) et de prise en main (qualité du grip, des matières).
- mais pour moi, ça risque d’être chaud dans les prises « une main ». Je vais devoir m’équipper d’une sangle de poignet, qui va me bloquer temporairement l’accès au pas de vis de pied. L’alternative sera peut-être la poignée-grip qui stabilise bien la prise.
- J’ai toujours un problème avec la taille du capteur APS. Le 100mm à 160, je ne m’y fais pas. 160 c’est beaucoup trop pour de la « vie courante ».
Pour savoir ce qu’il donne en qualité de photographie, rendez-vous chez DPReview ! Associé au zoom Canon EF-S 17-55mm f/2.8 IS USM, c’est le duo d’enfer.