Virtualisation de Linux sous Mac : Parallels vs. VMWare

By on 6 février 2012, in Boulot, Informatique

Ça fait un moment maintenant que je tourne sous Mac pour diverses raisons :

  • la première étant d’arrêter de geeker sur mon ordinateur personnel car je n’ai plus le temps (il me reste plein d’autres machines dans le garage et dans mon bureau pour ça ;-) ). Geeker, tester, évaluer sur des machines virtuelles, c’est moins dangereux que sur ma machine hôte, aussi.
  • la seconde est que je trouve ça bien plus pratique de conserver les mécanismes de mise en veille / restauration de Mac OS X, extrêmement rapides et forcément plus affinés (qui a dit plus stables ?) que ceux de Linux sur mon Macbook Air.
  • la troisième est que je travaille sur plusieurs projets bien distincts, qui nécessitent des environnements et des configurations très différents (dernière version d’Ubuntu pour les postes clients, LTS pour les serveurs) ; la virtualisation est donc la réponse rêvée pour passer rapidement d’un environnement à l’autre, et les avoir toujours avec moi, même en déplacement.

En revanche, comme je travaille sur cette machine, je passe bien plus de temps sous Ubuntu que sous Mac OS X. La qualité de la virtualisation est donc très importante. Ceci me permet, au fil du temps, de ne pas faire la différence entre une machine physique et une machine virtuelle en termes de réactivité.

Dans le monde Mac, je suis sensible au grandes marques et aux produits largement diffusés. Je me suis donc tourné naturellement vers VMWare Fusion, car tout le monde n’en dit que du bien. Je n’ai eu aucun problème particulier avec lui. La vitesse du Macbook Air étant ce qu’elle est, mes machines virtuelles sous VMWare tournent très bien et j’en suis très content. Mais il me reste tout de même deux grandes déceptions :

  • la gestion du mappage du clavier est « étrange » : le clavier est majoritairement un clavier de Mac, mais pas complètement. Certaines combinaisons sont celles du clavier PC : Alt-6 pour faire «|», et ainsi de suite ; impossible de taper des crochets « [] » sans avoir à bricoler avec xmodmap. Pourtant je n’ai aucune configuration particulière, ni dans VMWare, ni dans Ubuntu : tout est en « Français (Machintosh) ».
  • il n’y a aucune accélération 3D sous Linux. Ce n’est pas strictement nécessaire, mais ça ajoute un plus non-négligeable dans la réactivité et la « modernité » de la machine virtuelle. Avec une accélération 3D, l’impression d’être dans une vraie machine physique est très renforcée. C’est d’autant plus rageant, comme se plaignent les utilisateurs de VMWare, que la firme a déjà fait un travail beaucoup plus dûr : les accélérations 3D fonctionnent sous Windows, et il a fallu pour celà « translater » les appels Direct3D de Windows en OpenGL. C’était donc éminnement plus simple de simplement autoriser ou « transmettre » les appels OpenGL directement au système hôte.

Après quelques recherches sur internet, j’ai découvert que Parallels Desktop accélère la 3D sous Linux depuis un petit moment. J’ai donc sauté le pas, et acheté une licence de ce logiciel pour le tester. J’aurais pu prendre une version d’évaluation, me direz-vous ; mais au moment de mon achat il y avait un bundle d’applications Mac contenant Parallels Desktop à moitié prix.

Pour moi, la conclusion est sans appel : même si j’ai du « bricoler » un peu pour faire fonctionner correctement Oneiric et que Precise ne fonctionne pas encore correctement (le curseur de la souris disparaît), tous les défauts présents dans VMWare Fusion sont absents de Parallels Desktop, et il a même quelques avantages.

  • l’accélération 3D fonctionne donc parfaitement bien. Du coup une machine virtuelle sous Oneiric semble encore plus « réelle » qu’avec VF, et consomme apparemment (sur un critère purement visuel de mon applet de surveillance CPU) moins de ressources. Bien sûr, il faut réinstaller les Parallels Tools à chaque mise à jour du noyau ou de X.org, mais c’est un moindre mal si l’on considère le temps gagné à ne pas redémarrer sous un système d’exploitation différent chaque fois que l’on en a besoin.
  • le clavier est majoritairement bien meilleur : je peux taper l’espace insécable avec Alt-espace, les « | » et autres guillemets typographiques sont obtenus avec les mêmes combinaisons que sur le Mac, les crochets sont « natifs ». Seuls certains caractères comme les points de suspension sont encore inaccessibles directement (Alt-point ne produit rien).
  • les dialogues de connexion des périphériques USB sont nettement plus travaillés graphiquement. Ça ne sert à rien, mais c’est plus joli (et la fonctionnalité de connexion à l’hôte ou à la VM offre une fiabilité identique).
  • la Webcam du Mac est automatiquement connectée à la VM, y compris pendant l’installation. Pratique de ne pas avoir besoin de le faire manuellement.

J’ai donc définitivement basculé sous Parallels Desktop pour la virtualisation de machines Ubuntu / Linux, la qualité et la finition sont nettement au rendez-vous.

[Mise à jour du 15 février 2012 à 23h43] Et comme par hasard, d’ici un tout petit moment, la donne devrait changer car VMWare vient enfin de publier des pilotes dignes de ce nom pour avoir l’accéleration 3D sous Linux. Il ne me restera plus qu’à tester la différence. Pour l’instant, rien que pour le mapping du clavier, je préfère toujours Parallels.

La bonne nouvelle pour le monde Open Source, c’est que ce pilote développé par VMWare l’est complètement (libre). Il devrait donc bénéficier aux autres solutions de virtualisation sous Linux (KVM / Qemu). Ce qui veut dire que je devrais bientôt pouvoir retrouver la possibilité d’avoir un hôte Linux. Encore faut-il que je trouve une machine physique qui veuille bien l’accueillir. Jusqu’à présent, toutes mes tentatives d’installation d’Ubuntu sur mon Macbook Air 3,2 se sont soldées par des échecs retentissant (écran inutilisable en mode graphique, ou au mieux console texte avec nomodeset).

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