Grammaire simple pour des relations saines

By on 18 mai 2014, in Cheminement personnel, Journal, Leçons essentielles, Parole

Voici quelques règles personnelles expérimentées, vécues et confirmées avec et par ces « autres », que j’aime tant et avec qui j’ai eu ou j’ai encore des relations.

  • Je ne suis pas maître de la naissance de mes émotions, de mes désirs ou de mes sentiments, ni de leur intensité.
  • De ton côté, tu n’en est absolument pas responsable.
    • te faire croire le contraire est un moyen simple de faire naître et contrôler la culpabilité en toi (à développer dans un prochain article).
  • Je suis responsable de ce que j’en fais, de comment je les vis. Et il en va de même pour toi.
  • un désir, un besoin, une demande doivent être dits par l’un et entendus par l’autre.
    • un désir ne doit pas être nécessairement comblé, ça dépend de l’importance qu’il a.
    • certaines difficultés résident dans le fait que l’autre n’est pas capable ou en mesure d’entendre mes désirs, et vice-versa.
  • quand l’un(e) ou l’autre vis un changement personnel, il est essentiel qu’il/elle le partage, pour éviter à l’autre un décalage entre l’image qu’il/elle a intériorisée de celui/celle qui change, et sa situation réelle.
  • il est important de bien différencier besoins, attentes, désirs, demandes (à développer dans un prochain article),
  • de même il est important d’être en capacité d’écoute (=recevoir, sans déformer) dans la relation
    • et ce n’est pas facile, en fonction de ce qu’on entend, de nos croyances, des enjeux conscients et inconscients…
    • il est donc essentiel de ne pas émettre de jugement sur la parole de l’autre. Le jugement vient des schémas familiaux, sociétaux, de la mystique personnelle, et tout ceci est source de pollution. La dé-construction et re-construction de nos schémas dans le cadre de la relation est un outil prometteur pour garantir la santé de la relation dans le temps.
  • de savoir demander, accepter, refuser et faire respecter un refus,
    • apparté : c’est un des enjeux de libération — de la femme, mais en général aussi — de notre société patriarcale, domination des femmes par les hommes, qui malmène cette capacité à faire respecter son refus (cf. Au delà du personnel, et Je t’aime mais cet article n’est pas l’endroit pour détailler ce point particulier).
  • Je suis libre de ce que je te dis ou ne te dis pas, de ce que te fais ou ne te fais pas. Toi aussi.
    • ou je dois le devenir (libre), sinon je risque que ma parole ou mon action ne soit pas mienne, et il en résultera de la pollution relationnelle.
    • mais pas de violence ou l’oppression,
    • et la qualification de celles-ci vient de ton ressenti, que je dois écouter.
  • Toute parole, action, non-parole ou non-action est significative.
    • Mais ce n’est pas une fatalité pour autant.
    • Libre à nous d’en chercher, définir et redéfinir le sens, même après coup.
  • La relation est un terrain pour tous les possibles qui nous permettent d’exister l’un à côté (ou loin) de l’autre, l’un face (ou dos) à l’autre, l’un avec (ou contre) l’autre.
  • Nous sommes libres de choisir.
  • Mais il faut sans doute d’abord se libérer de la pression des désirs, croyances et choix sociaux, familiaux, religieux… Conscients ou inconscients, qui ne sont pas les nôtres.

My 2 cents

Cette liste n’est pas exhaustive, il y aura sans doute des changements et vos remarques sont les bienvenues. Elle s’applique à tout type de relation (amicale, amoureuse, de travail…).

Plus je creuse ce sujet plus ça me semble touffu. Car l’écoute de l’autre est nécessairement influencée par la sensibilité de chacun, les croyances personnelles, la manière dont nous mesurons la violence, la perception que nous avons eu enfants des schémas relationnels tout autour de nous, et bien d’autres sujets encore… Ce n’est pas pour rien qu’on consacre des livres à la communication intra-relationnelle ;-)

Tout ceci étant allègrement biaisé, faussé, manipulé, formaté par les schémas judéo-chrétiens qui définissent nos sociétés et leurs rapports hommes/femmes en tant que dominants/dominés depuis des siècles.

Disons alors pour simplifier que je pars d’une situation où deux individus — libres ou en quête consciente ou inconsciente de leur liberté — se rencontrent.

Si un besoin ou désir commun de « cheminer ensemble » naît de cette rencontre — et ce, quel que soit le type de chemin choisi — alors ces quelques règles préalables ou concomitantes à la rencontre permettent d’y voir plus clair. Elles permettront je l’espère aux individus de pouvoir échanger, communiquer, partager, et amorcer une sortie des schémas sociétaux dans lesquels les rapports homme/femme sont si déséquilibrés.

Même si l’on me qualifiera facilement d’hétéro-normé, j’ai tout de même l’impression que ces quelques règles pourraient s’appliquer à n’importe quelle relation.

Des livres pour relier, amplifier

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