Du rôle des parents et quelques questions qui en découlent

By on 27 mai 2014, in Cheminement personnel, Journal, Questionnement

Suite à mon dernier poème, j’ai pensé un temps que c’était le rôle des parents d’accompagner leurs enfants vers le statut d’individu libre.

Je ne suis plus sûr : ce rôle est-il une norme sociale pour les parents ? Une obligation ? Pour les parents biologiques ? Pour les parents affectifs ?

Je ne sais pas si ce point est inscrit dans les lois qui régissent le mariage civil. Mais que ce soit le cas ou non, légiférer dessus ou le rendre « obligatoire moralement », me semble être une forme d’oppression.

Pour reprendre Annie S. Murray, « nous n’avons pas à nous engager à faire ce qui nous vient naturellement » (cf. Au delà du personnel).

Puis j’ai pensé que c’était le rôle de tout individu libre d’accompagner ou guider les individus en devenir (ou non-libres) vers leur libérté. Un peu comme à une certaine époque où dans certains pays d’Afrique, tous les adultes étaient un peu responsables de tous les enfants, et les enfants les écoutaient, même si l’adulte qui lui parlait n’était pas un de ses parents.

Mais encore une fois, faire de cet accompagnement une règle ou ne serait-ce qu’un principe moral contribuerait alors d’une certaine façon à l’oppression des individus libres puisqu’ils y seraient obligés. Et même encore à l’oppression des non-libres, puisqu’il y aurait alors inflexion obligatoire de leur chemin de vie.

Mais pourtant, l’accession à la liberté n’est-elle pas à ce point essentielle qu’elle devrait être protégée comme une richesse sociétale, presque un bien commun ?

Par ailleurs, chaque individu non-libre ne peut suivre que sa (ses) propre(s) voie(s) pour sa libération.

Aucune autre ne saurait lui être imposée (la « suggestion forte » est-elle l’imposition ?), sans que cela devienne encore une oppression.

Que faire encore lorsqu’un individu non-libre refuse de le devenir par peur ou par conditionnement normatif ? Le forcer me semble être une forme d’oppression. Ou est-ce simplement un accouchement dans la douleur ?

Où est la limite entre ou entre la violence et l’oppression, sachant que que la perception de la violence me semble varier en fonction des individus, de l’acte et du contexte ?

Je pense que la manière de vivre l’acte par celui qui le subit est plus importante que l’acte en lui-même.

Une simple phrase peut avoir un effet dévastateur, suivant qui la dit et qui la reçoit. Typiquement, une blague peut être perçue comme une insulte, en fonction des protagonistes et du contexte.

La normalisation des niveaux de violence me semble alors vaine, au moins dans une certaine mesure.

Ces questions sont encore à l’état d’ébauche, j’ai la sensation d’être un nouveau-né sur bien des points. Je ne suis même pas sûr de me les poser au bon niveau de réflexion. Ce qui est sûr, c’est qu’il me semble important de se les poser.

Je considère donc l’accompagnement des autres vers leur propre liberté comme une potentialité, un simple choix que je pourrais faire en pleine conscience. Et de célébrer les nouvelles naissances :-)

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