Libertés opposées, lien brisé, désir frustré… Comment se libérer ?

By on 6 juin 2014, in Cheminement personnel, Instant suspendu, Journal, Leçons essentielles, Parole

[Cet article relate d’une situation particulière, mais il est applicable à n’importe quel « décalage de désir » dans une relation entre deux personnes. Même pour une personne seule, vouloir quelque chose d’impossible peut-être résolu avec cette méthode.]

Comment faire, dans une relation, lorsque l’un a un immense désir de parler alors que l’autre refuse ouvertement d’écouter ?

Le refus d’écouter me semble légitime. C’est le libre arbitre de chacun.

Forcer l’écoute « depuis en face » en s’exprimant quand même est une forme d’oppression — une tentative de domination par la force : « tu dois m’écouter ».

(Après coup, je m’aperçois que c’est mon intenable désir qui parle à ma place ; « C’est Mal™ », gros naze. cf. conclusion)

Sans compter qu’un individu en situation de refus n’écoute pas, et va vraisemblablement fuir.

Mais avoir besoin de parler, de dire certains désirs ou de partager certaines choses est aussi représentatif de mon libre arbitre, non ?

(grave erreur ; tu confonds tout, gros naze ; cf. conclusion)

– C’est ma liberté de te parler.
– Et c’est ma liberté de refuser.

Que faire, donc, quand deux libertés s’opposent ? Est-ce la fin bi-unilatérale de la relation, de fait ? Ou une rupture momentanée ? On peut mieux le matérialiser par :

– je veux maintenir un lien entre nous.
– et moi je ne veux pas de ce lien !
– mais euuh…

À qui exprimer le désir maintenant frustré, qui peut toujours être verbalisé, mais ne peut plus être entendu, et encore moins comblé ? D’une manière générale, que faire de ce désir ? Comment gérer la frustration en laquelle s’est transformé ce désir non-entendu ?

Trois choix possibles : refoulement, canalisation ou sublimation. La fuite n’est pas une option, la frustration est en moi.

Ma frustration étant inversement proportionnelle à la puissance de mon désir, elle est ultra-violente et destructrice, comme un animal pris de rage. Et l’image n’est pas exagérée, j’ai vraiment du mal à contenir ma colère.

Tenter de la canaliser ou de la refouler me fait dans un premier temps entrer en combat contre moi-même : j’ai la sensation de devoir réprimer ma propre liberté, de devoir tuer mon désir sans avoir le choix, et de nier une partie importante de moi-même.

Mais ce sentiment de combat est une illusion. Il est simplement l’incarnation de la frustration.

C’est là le point de pivot, que j’avais un temps oublié : ma liberté ne se situe pas dans, mais au delà de cette frustration : je n’ai pas le choix de la recevoir — personne ne contrôle la naissance d’un sentiment ou d’une émotion — mais j’ai le choix de ma manière de la recevoir, de la canaliser ou non, de la refouler ou non, de la sublimer ou non. Plein de choix, en vérité.

« Désir, frustration, vous n’êtes pas moi.
Ma liberté n’est pas la votre.
Vous êtes plutôt mon aliénation ! »

Si je la refoule, je vais être infect pendant un bon moment, et tiens pourquoi pas, avec la personne initiatrice du refus… Si je ne la canalise pas, je vais faire du mal tout autour de moi à plus ou moins grande échelle, et potentiellement « blesser des innocents » via dommage collatéral, par exemple en criant cette rage sur mes proches, le premier qui passe… Autant dire que ça craint grave.

« La bête », je sais comme je peux l’être. Dévastateur. Hurleur. Manipulateur. Violent. Ma force physique et mentale au service d’une frustration aussi forte sont pénétrants comme un nuage radioactif et précis comme un snipper. Quand j’y pense, j’ai peur de ce que je peux faire.

Si je choisis de canaliser et sublimer cette frustration, alors non seulement je serai libéré d’elle, mais encore son énergie aura servi à construire du positif. Ça m’aura élevé de mon statut primitif où toutes les émotions sont subies et créent un gigantesque bazar affectif à la surface de la terre. L’effet de bord induit, c’est que je serai aussi enfin libéré de mon désir initial, puisque la frustration aura été évacuée.

Si je n’y arrive pas, re-belote. Mais au moins, le chemin pour y arriver est écrit ici. J’avais besoin de le re-découvrir. Je l’avais déjà parcouru une fois il y a 14 ans. Cette fois, c’est plus rapide, plus fluide, plus satisfaisant encore. Ça ne fait pas mal —  au contraire, alors que la première fois a été un accouchement très douloureux.

J’ai maintenant besoin de faire la paix en moi, la paix avec ce désir indomptable — qui a dit « passionné » ? — qui en arrive même à me faire croire que je tue ma liberté, que je me détruis moi-même en essayant de le canaliser. Trop d’émotions, de désirs et de passion amalgamés dans une seule direction confuse tuent mon libre arbitre, me détruisent. Ce désir m’a « pris par les sentiments », il est aussi manipulateur que moi, il connait mes souvenirs, il joue avec mes propres cartes.

Mais heureusement, l’intelligence n’est pas un fucking fléau ;-) Pas quand elle œuvre pour ma libération en tout cas. Au service de mes désir ou de ma frustration en revanche, certainement !

« Ce sont le désir et sa frustration qui m’aliènent et tuent ma liberté.
Ils essaieront par tous les moyens de me faire croire le contraire,
et tenteront même de faire retomber la faute sur moi ou les autres. »

Si mes désirs sont mon essence, mon émanation, s’ils ont mes capacités et mes souvenirs, ils ne sont pas moi, et je ne suis pas eux. Je ne suis pas mes émotions, ni même la somme de mes émotions. Je suis bien plus que cela, et je suis notamment responsable de ce que j’en fais et comment je les vis.

Sur ce coup là c’était particulièrement tricky. J’ai failli y laisser des plumes.
Mais je suis de retour. Pffiou, pas faché.

Une longue, belle et riche route ensoleillée m’attend de nouveau, ici et maintenant.

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