Adiou Michaël

By on 17 mars 2015, in Cheminement personnel, Instant suspendu, Journal, Parole

Si Michaël était là, je sais ce qu’il me dirait : « Olive, arrête ton pathos ». Mais mon gars s’il y a bien un jour où je peux jouer un peu de pathos, c’est pour la mort d’une personne chère. Et Michaël m’était cher.

Des charettes de bons moments avec lui, j’en ai toute une palanquée. Bon nombre se prolongent chaque jour dans mon présent. Par exemple chaque fois que j’écoute de la musique de merde j’imagine, que dis-je je sais pertinement la tête qu’il ferait : ce regard moitié désabusé, moitié moqueur mais pourtant complètement bienveillant qu’il porterait sur moi. Et les discussions animées qui s’ensuivraient. Du coup, rien que pour ça, je continue à écouter.

Il était quelque fois « mi-figue mi-cochon » face à certaines situations ou certains avis. En toute certitude, il ne « confondait jamais la hype avec le mauvais goût, entre lesquels la frontière est si ténue ». Il le savait bien, et recherchait l’excellence dans ses productions. Il reste pour moi une de ces personnes qui marquent profondément, auprès de qui j’ai appris, et beaucoup reçu. Notamment le surnom de « fils du pixel », que j’aime par dessus tout.

La diversité, la recherche et la finesse de quaterback tarbais de toutes ces expressions bien à lui enrichissent et égayent mon quotidien, et même celui de mes proches, à chaque fois que j’en sors une.

Une part de l’individu libre que suis ou que j’aspire à devenir vient indubitablement de lui, grâce à ses prises de position hors-du-commun, si loin de la philosophie de comptoir, sur lesquelles nous avons débattu sans que jamais il ne me les impose. C’était bon. Michaël est un de ceux avec qui j’ai le plus apprécié partager. Il était vrai. Il savait écouter, et c’est une qualité rare.

Alors « il est où le point » de ce petit texte ? Le voici : c’est qu’une part de lui est en moi, et en chacun de nous. Je continuerai de la cultiver. Cultivons-là tous, faisons la vivre pour qu’il reste présent dans notre avenir, puisque lui ne peut plus le faire. Il détesterait cette phrase dégueulante de miellerie, mais merde, qu’est-ce que j’aimerais qu’il soit là pour me le dire lui-même.

Michaël, repose en paix, tu vas sincèrement me manquer.

Ton sourire et ta bienveillance me hanteront, mais seulement pour le meilleur.

La prochaine bière que je prends face à l’océan est pour toi. Et toutes les suivantes un peu aussi. Et t’imagines pas comme ça me fait chier de les prendre sans toi.

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