Détour par Jiddu Krishnamurti

By on 27 avril 2015, in Cheminement personnel, Journal, Lecture

Suite à une lecture suggérée, je m’intéresse à Jiddu Krishnamurti pour découvrir le personnage et son enseignement. Des bribes que j’ai pu en lire avant d’attaquer deux de ses ouvrages, il ressemble à un libre-penseur qui s’escrime à montrer la voie vers la libre-pensée à des auditeurs obéissants, badaux et heureux de l’être. Mon avis sera peut-être moins cynique après lecture approfondie.

Il y a comme un problème de poule et d’œuf : la libre-pensée s’apprend seul. L’apprendre par un autre est voué à l’échec. Mais il faut bien impulser le mouvement quand l’individu a été préalablement formaté. L’étincelle peut — je n’ai pas dit « doit » — venir de l’extérieur. Et si Krishnamurti a passé sa vie à donner des conférences pour provoquer l’étincelle, alors oui, il peut être qualifié d’« instructeur du monde », mais au même titre que beacoup d’autres qui cherchent à mener chacun de nous vers plus d’autonomie.

Quelques citations (trouvées sur Wikipédia) :

« Toute autorité, particulièrement dans le domaine de la pensée, est destructrice, une mauvaise chose. Les leaders détruisent leurs adeptes et les adeptes détruisent les leaders. Vous devez être votre propre enseignant et votre propre disciple. Vous devez mettre en doute tout ce que l’homme a accepté comme valable ou nécessaire. »

« Mais ayant réalisé que nous ne pouvions dépendre d’aucune autorité extérieure, il reste l’immense difficulté à rejeter l’autorité intérieure de nos petites opinions, nos savoirs, nos idées et idéaux. »

« Détour », parce que je pense être déjà bien en chemin sur la voie de la libre-pensée. Mais déviation nécessaire, parce que toute certitude sans questionnement est aussi contraire à mon approche de la libre-pensée. Ma position en désaccord — reste à déterminer si c’est sur le fond ou la forme — avec la personne qui m’a suggéré cette lecture ne doit pas m’empêcher de saisir le contexte dans lequel elle est, pour mieux la comprendre.

Peut-être Krishnamurti confirmera-t-il le chemin — ou plutôt l’absence de chemin — sur lequel je suis. Au mieux, j’aurai appris quelque chose et j’en serai plus riche, mon chemin plus beau. Au pire, j’aurai perdu mon temps, mais pas tellement puisque j’aurai avancé sur mon propre chemin. L’essentiel n’est pas ce qui arrive, mais comment on le vit.

En première lecture, il y a le cœur de l’enseignement de Krishnamurti et Krishnamurti : l’égo démasqué.

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