Un zèbre dans la savane, premier essai

By on 18 août 2015, in Cheminement personnel, Instant suspendu, Journal, Leçons essentielles

J’ai découvert il y a peu que je suis un « zèbre », autrement dit un « adulte à haut potentiel », un « surdoué » à l’époque de nos parents (voir le bouquin « Trop Intelligent pour être heureux : l’adulte surdoué » de Jeanne Siaud-Facchin). Ça représente environ 1,5% de la population, suivant les études. Ce texte est ma petite introduction perso sur le sujet, une tentative très incomplète de me décrire pour que les gens me comprennent éventuellement un peu [mieux].

Beaucoup ne savent pas qu’ils-elles le sont (zèbre), du coup ils-elles galèrent juste dans la vie. Depuis que je le sais, je fais des recherches en comportement, en neurotypie et neuroatypie, en neuro-sciences, en neuro-psy. Découvrir ce que je suis, ça m’a permis de comprendre beaucoup de choses sur mon passé. Mais surtout, d’ouvrir mon futur, de le rendre [encore plus] bright-and-shining avec plein de bells-and-whistles et de cheddar fondu (non pas ça) !

La vie est plus douce tout à coup. C’est comme si j’étais « normal ». Sauf que clairement, je ne le suis pas… Les gens normaux ne peuvent pas se mettre à ma place, mais ils peuvent essayer d’imaginer, de comprendre, ce que ça fait d’être « différent ». Car je suis simplement différent, et non « sur » doué. Plein de gens normaux (en fait, « neuro-typiques ») s’en sortent mieux que moi (nous) dans plein de situations courantes de la vie.

Mais moi j’ai enfin un mot (une « étiquette », bouh !!) à leur donner. Un truc scientifique, pour leur expliquer ce que je suis. Ça fait pas un peu animal en cage ? Je sais pas trop. Sensible aux questions de minorités et à l’oppression implicite de la normalité ? Sûrement. Mais c’est un point de départ qui en vaut un autre.

J’ai appris à très bien le vivre en général, mais c’est important d’en parler, car je ne gère pas les émotions ni les sentiments comme les personnes « normales » : je les ressens, tous-tes, de manière assez — ou très — distincte, souvent avant même que les autres en aient conscience. Je les analyse systématiquement, sans pouvoir ne pas le faire.

Vous voyez le gosse qui sait pertinement que ses parents n’arrivent pas à s’aimer alors que ceux-ci lui disent le contraire à longueur de journée ? Celui qui sait ce que les beaux-parents ressentent pour leur gendre (son père) sans que personne n’ai rien dit ? Celui qui, régulièrement depuis sa naissance, est innondé de la tristesse ou la colère de ses parents, à cause de la mort de son grand frère à deux ans ? Ben c’est moi. 

Note: du coup, ça me semble vachement moins grave qu’en situation de fatigue intense, ce soit la tristesse qui remonte en premier ! C’est pas la mieeeeeeennne !! Mais c’est toujours impressionnant pour la personne qui est en face de moi : elle pense que je ne vais jamais m’arrêter de pleurer. Ce qui peut éventuellement lui égratigner sa confiance en elle parce qu’elle n’arrive pas à me remonter le moral, alors qu’il suffit juste que… je DORME !! Vous voyez comment ça peut polluer des relations normales de manière un peu border-line-personne-sait-trop-ce-qui-arrive ? Ben maintenant, je sais :-D Et même si ça n’était pas ça, je le vis vraiment mieux.

Mais L’ENFANT, bordel. Le mini-truc sans défense qui ne sais même pas ce qui se passe en lui. Qui ne sait même pas comment nommer ce qu’il ressent… Alors comment pourrait-il comprendre ce qui se passe… Je n’en parle même pas. Le gosse qui sent que ses parents vont se disputer, avant même que ça commence, alors qu’eux ne l’imaginent même pas encore. Quelque fois, le divorce a du bon. Vous avez l’impression que c’est du vécu ? Ben tiens.

Et juste pour être clair : ce n’est la faute de personne. Les gens ressentent en permanence des émotions. Moi je suis comme ça. Il n’y a aucune culpabilité à avoir ressenti telle ou telle émotion chez vous, et que je l’ai ressentie aussi. Il n’y a aucun « vous m’avez fait ressentir ça, c’est votre faute ». 

Règle de vie n°1 : je suis responsable de ce que je ressens. C’est comme ça, et ce n’est pas grave. La culpabilité est une merde judéo-chrétienne qui n’aurait jamais du exister. Elle sert à assoir le pouvoir des lâches. Donner la responsabilité à l’autre de ce que je ressens, c’est un train direct vers le mur, dans les relations. Pourtant, c’est ce que la société nous assène tout le temps avec les phrases du style « tu m’as fait du mal ». Le degré ZÉRO de la communication.

Bref. Autre débat.

Si vous rêvez de quelqu’un qui vous comprend sans que vous parliez, c’est moi. Note importante : je lis les émotions et les constructions mentalo-émotionnelles (sentiments, désirs & peurs), mais pas les attentes, ni les besoins. Enfin si, un peu, mais pour ça je dois me concentrer à peu près aussi puissament que Gary Kasparov. Et puis je préfère demander, c’est nettement plus humain que d’aller violer le cerveau d’une personne que j’apprécie…

Et bien évidemment, je ne peux pas non plus répondre à ces désirs/peurs/attentes/besoins… J’ai déjà les mien-nes à gérer ! Donc ne confondez pas. Je ne peux pas tout deviner. Enfin si, mais je préfère que vous pensiez que non. Laissez-moi y croire, à ce peu d’inconnu, cet espace où j’ai pas l’impression d’être en orbite. Merci. (N’oubliez pas le guide !)

Là j’ai un peu l’impression de faire mon coming-out de gros freak, comme un homo le ferait dans une communauté catho suisse en cette mi-2015, mais bon, passons sur mes émotions ;-)

Si vous avez peur de quelqu’un qui lit dans vos pensées — mais pas tout donc, c’est moi aussi.

Trop cool, non ? Heu… Attends, je réfléchis…

Car pour être clair : je n’ai pas le choix. Je ne peux pas « juste arrêter et faire comme tout le monde ». Merci d’avoir posé la question. J’aurais bien aimé, des fois. Dans le meilleur des cas, je peux faire style je n’ai rien ressenti, et ne rien dire. L’histoire de ma vie. « Ferme-là, ce n’est pas à toi de lui dire à elle ce qu’il ressent lui, ou ce qu’il a fait qu’elle ne sait pas. Oui mais c’est mon amie, quand même. » Dilemme et compagnie, bonjour…

Alors oui, les X-men existent, et oui, dans la vie normale des fois ça craint sévère, pour moi comme pour les autres… Par exemple je préfèrerai ne pas ressentir ce que les gens veulent me cacher, ne veulent pas encore dire, ce dont ils ne sont pas sûr(e) — alors que moi oui. C’est ultra-génant…

Imagine ça : moi, ado, dans une situation où j’ai déjà mes propres émotions à gérer, complètement nouvelles, sans barrière (putaing et les hormones !!!), une situation de pression sociale, genre une relation amoureuse, où même un truc censé être simple… Le C-A-R-N-A-G-E.

Aujourd’hui

Aujourd’hui, je m’en sers pour aider les autres à voir clair dans leurs propres émotions. Mais pas professionnellement, juste pour le plaisir. Je ne suis pas psy. Et heureusement, je serais très mauvais je pense ! Je suis un peu trop rentre-dedans. En même temps, je dis ce que je sens. Je préfère la vérité au tact, bien que j’apprécie beaucoup le tactile (et les discours à plusieurs niveaux…).

Ah oui, parce qu’il faut bien le dire, j’ai carrément dépassé le stade « pauvre adulte à haut potentiel qui en chie dans la vie », comme c’est vendu dans les articles de psy. Pour moi, ressentir toutes ces émotions, c’est devenu un plaisir. Y compris les émotions négatives, tristesse, colère : l’être humain est une entité d’émotions, c’est en grande partie ça qui fait qu’on est vivant, et que nous prenons les décisions que nous prenons. Je suis pour l’équilibre. Les émotions négatives sont nécessaires, comme les positives sont agréables.

Comprendre ça, comprendre les émotions, c’est trop de la balle. Enfin en même temps c’était soit ça, soit m’en tirer une (balle) ou finir seul.

Comme beaucoup d’autres zèbres à priori, j’ai construit des murs pour me protéger (c’est la « défense par la cognition »). Mais une des choses qui pourrait éventuellement me différencier, c’est vraiment que J’AIME ressentir tout ça. Ça me fait tripper. Je me sens vivant. Utile, quelque fois. 

Ma défense par cognition me sert donc principalement à comprendre le monde, les relations et déméler les nœuds que les gens « normaux » ne comprennent pas ou n’arrivent pas à déméler seuls. Avec une bonne capacité à verbaliser, à décoder et émettre du non-verbal (je parle pas de sexe, mais pourquoi pas… C’est quand même le TOP du non-verbal pour faire passer un message d’amour :-D ), ça fait de moi quelqu’un qui a certaines facilités de communication. 

J’ai appris à aimer tout ça, parce que si je ne l’avais pas fait, je n’aurais pas pu m’aimer moi, vu que c’est ce que je suis. Et si je ne m’aime pas moi, je ne peux pas donner d’amour aux autres. Du coup si je veux pouvoir aimer, ben faut faire avec, mec. Et je vous passe les « hé, t’as vu le gars, il est sensible (ou émotif) comme une gonzesse !! ». T’avais pas besoin de le dire, connard, je savais que tu le pensais. Mais merci, ça fait mal quand même. 

Ne pas taper, ne pas mordre, ne pas émincer en fines lamelles avec un peu de 4 épices : « la violence ne résoud rien ». Bon ben reste plus qu’à pleurer pour évacuer, alors. C’est pas comme si pleurer c’était pas perçu comme un truc de fille. Merci les schémas sociaux ! Merci les films, les séries, la grande famille, tout ça !

Comme tu l’auras peut-être compris, « paye ta construction individuelle » fait partie de mon histoire. Mais bon, je suis toujours là. Et le passé est là où il est : loin derrière, ici sur cette page, et accepté avec bienveillance. C’est cool, non ? Moi je trouve.

Parce que le gosse dont je parlais tout à l’heure, il a aussi eu droit à de l’amour, des câlins, de l’affection. De plein de gens. Et malgré le fait qu’il se souvienne de tout parce qu’il n’a pas le choix avec sa mémoire d’éléphant dans son corps de zèbre, il choisit ce qu’il ramène à la surface, ce qu’il dorlote, la musique qu’il écoute, les photos qu’il accroche au mur… Ma liberté est là. 

Règle de vie n°2 : si je ne suis pas libre de ce que je ressens, je suis libre de comment je le reçois, et de ce que j’en fais après (le garder, l’oublier, taper quelqu’un ou faire des câlins avec…). 

Règle de vie n°3 (perso) : je choisis de bien le vivre, et d’être heureux.

Oui, le bonheur est un choix. Oui, il ne dépend pas de l’autre. Et oui, à partager dans une relation, c’est encore trop de la balle. Clichés : 0, Moi-Zèbre : 1.

Je crois que de pouvoir lire les bouquins de Jacques Salomé à 14 ans, c’était effectivement une chance.

Merci, maman.

L’amitié, les relations pépinières

En tant qu’ami (même si je pense que l’amitié n’existe pas, mais c’est un autre débat qui peut se terminer dans de grands ébats… Ne me TENTE PAS !!! Ou plutôt, essaies pour voir !!), je peut être apaisant et ultra rassurant. Ou pas, suivant votre capacité naturelle à flipper et avoir peur de moi, de la différence ou de la nouveauté.

Je comprends les gens, ce qu’ils-elles vivent et comment ils-elles le vivent, même si eux-elles n’arrivent pas à le faire, même s’ils/elles en ont peur, même s’ils n’arrivent pas à le dire, même s’ils refusent de le dire ou nient/refoulent l’émotion en question.

Du coup, paye ton super-pouvoir :

     

  • « hé, tu ressens ça ! Tu veux qu’on en parle ? » 
  • « Ta gueule, c’est pas vrai !! »
  • « Super, merci, moi aussi je t’aime… »

En ayant des amis, j’ai appris tout comment il fallait faire (et surtout, ne PAS faire), pour avoir des amis, des amours, des emmerdes. Grâce à leurs émotions, leurs expériences, leur propre vécu, simplement en les cotoyant, j’ai répertorié en moi des tonnes et des tonnes de situations, d’émotions, de phrases, d’attitudes. J’ai appris. Comment. Être. Normal. 

Et donc, être normal, ça s’apprend ! Et du coup, ça se désapprend aussi, pour devenir soi-même ! Et ça, tout le monde peut le faire, pas besoin d’être un zèbre. C’est juste que pour moi, c’est conscient alors que les gens normaux ne le savent en général pas. Clichés: -1. Moi-Zèbre: 200 + ultra-combo tranche de vie +++.

C’est pas tip-top ? Un peu, peut-être. Je sais pas. Du coup on serait moitié des machines. Des machines à plaisir alors ? Des machines à apprendre ? Je sais pas. Des machines émotionnelles ? Ça c’est sûr. Pourquoi juger ? J’ai pas vraiment eu le choix. C’était ça ou l’asile.

L’ennui, c’est que quand je suis « normal », je ne suis pas vraiment moi-même. Quand je suis moi-même, la plupart des gens ont peur — mais fort heureusement, pas tous-tes. C’est un peu con pour avoir des relations, non ? Et comme l’être humain est un être social (en plus d’émotionnel), ben des fois j’ai un bout de moi qui manque. Enfin c’est un peu comme ça que je le vis. Des fois.

Besoin de gens, mais pas trop (cf. plus bas). Le cul entre deux chaises. C’est bizarre, je suis balance. Mais l’astrologie c’est pour les gonzesses. Encore ?!? Mais c’est pas un peu fini tous ces préjugés stupides ?!

Dormir… Matelas, mon amour

La contrepartie d’être un zèbre, c’est que ça me prend une énergie folle. 

Même si j’ai appris à canaliser, optimiser, me reposer, ça reste quelque chose de permanent, les circuits tournent à bloc quand je suis avec quelqu’un, ou même au contact d’animaux, et même quand je suis tout seul (mais un peu moins). Du coup j’aime bien les arbres, les cailloux, la mer et le vent… Et être seul est nécessaire par moments. 

Ah oui, j’oubliais : tout ça marche aussi à distance. Attends, même quand je veux pas ? Ben oui. Mais alors je suis souvent fatigué ? Ben oui. Et croyez-moi, c’est pas parce que je m’ennuie ou que ce que vous dites ne m’intéresse pas… Au contraire.

À l’intérieur de moi il y a les émotions, locales ou distantes, de plusieurs personnes. Parce que je peux aussi ressentir les émotions des personnes qui ne sont pas là, que je n’ai jamais vues, à travers les personnes qui sont près de moi, si elles ont vécu quelque chose d’un tantinet émotionnel ensemble (et ça arrive souvent, vois-tu-yez-vous…). 

Tout ça, dans mon corps, mélangé avec les miennes. Autant te dire que quand t’es ado et pas outillé, c’est un bon cocktail pour devenir barré. Mais heureusement, j’arrive maintenant très bien à faire le tri entre les miennes et celles des autres. Mais ça prend encore de l’énergie. Heureusement, les émotions positives m’en redonnent, de l’énergie. Un peu comme mon skate électrique recharge sa batterie quand il freine ou descend une côte. Ça suffit pas à le recharger complètement, mais c’est toujours quelques centaines de mètres en plus ! 

Donc j’ai besoin de dormir. Ou de faire des pauses. De faire la sieste, des fois. N’importe quand dans la journée. Ça explique pourquoi je ne PEUX PAS — NO WAY — bosser en horaires de bureau, dans un open space, ni au contact de trop de gens (max 4 personnes autour de moi ; le top c’est de 1 à 3). Je suis rincé en une heure. Top chrono. 

Mais tellement rincé, que je suis plus bon à RIEN DU TOUT. Même pas mater une série pourrie. Les sports d’équipe, les réunions, les conflits d’égo, les rapports dominants-dominés, je « vois » tout ça comme si des flèches et des bulles animées apparaissaient en sur-impression de la vie courante qui se déroule sous mes yeux. Ça fait trop de choses à lire, et je n’ai pas le choix : mon cerveau les lit. Il est où le bouton OFF ? Yen a pas…

Et du coup « en entreprise », ma productivité est quasi-nulle. Dans un cadre de travail « normal », je suis passé pour un bon-à-rien-tire-au-flanc-branleur-fumiste, alors qu’en fait, pas du tout ! Quand je bosse seul je peux plier en deux heure ce que d’autres mettent 2 jours à faire. Les gens qui font appel à moi, maintenant que je suis freelance et que je gère mon temps, sont HYPER contents de mon travail. Et même de mon relationel. Tu m’étonnes !

Mais entre temps, comment le vivre, comment expliquer à un patron que c’est structurel, viscéral : je ne PEUX pas. Et tu ne DOIS PAS m’y forcer, sinon je sais pas si t’as déjà vu une bête sauvage — endormie —  mais c’est le risque. Je blague. Mais pas complètement. En mode « dégradé », je suis le mec terne, inintéressant, quasi-déprimé, inintéressé, dont personne ne veut, même pas pour connaissance, même pas l’inviter à une fête par pitié parce qu’il est tout seul et triste (c’est du vécu d’adolescent, je précise ; cf. plus haut).

Donc je ne supporte pas les groupes bien longtemps, ni trop de bruit. Parce que quand je suis dans un groupe, je ressens les émotions mélangées de tout le monde autour de moi.

  • « Tu viens aux chutes du Niagara ? »
  • « Laisse tomber, déjà allé. Plusieurs fois par semaine. » 

Ça c’est quand je vais faire les courses… Donc j’affectionne les petites surfaces, je hais les heures de pointe, et dans le métro… Mais pas parce que ça pue. Enfin si, ça pue, mais pas que les odeurs…

Ceux que j’aime

J’essaie de comprendre pourquoi avec certaines personnes je suis super bien. Mais en fait c’est simple.

Les gens heureux, qui s’aiment eux-mêmes. Qui ont un bon fond. Qui sont ceux-celles qu’ils veulent être. Les optimistes. Les « forts » (même si ça ne veut rien dire, certains sont fragiles en surface mais balèze en dessous…) : je KIFFE. 

Les gens normaux les kiffent aussi, mais moi c’est carrément ma drogue. Quand mes récepteurs émotionnels sont littéralement innondés d’émotions ou de sentiments positifs, je peux laisser couler. Lâcher prise, parce que je sens bien que c’est bon pour moi. Je m’y sens comme dans un bon bain, avec juste le nez qui dépasse.

Toi qui lis, et qui te reconnait parce que je t’ai serré-e dans mes bras ou que je te dis « je t’aime » une seule, ou plusieurs fois : c’est toi. Et là je suis en train de simplement te faire un compliment, ou de te remercier. Tu me fais me sentir bien quand je suis avec toi.

Je reçois. Je me laisse traverser. Je m’imprègne. Je passe tout ça dans un alambic émotionnel pour en bourrer la mémoire de mon corps. J’associe ça à la musique, pour garder une trace auditive, ou à une photo, pour rappeler le souvenir. Les 5 sens. Et celui de l’émotion. L’émotion, je peux la ressortir du passé, intacte. Comme un « nez » te ressort une odeur. « Mmm, cette émotion là… Un très grand cru ! »

J’ai l’impression d’être normal (pour moi), mais je ne suis peut-être qu’un drogué. C’est triste. Je ne sais pas. Quand je suis triste et négatif, ALARM : je suis fatigué. Alors je vais faire une pause. Et me revoilà qui pète le feu.

L’amour, l’affection, la tendresse, la chaleur humaine, le soutien, la compassion, la fierté, la motivation, le rire, la joie, le plaisir, etc… J’en suis rempli. Je les garde, comme un trésor. Puis je les partage avec les autres. C’est comme des cadeaux que les gens me font. Alors je refais les mêmes. Je transmets. 

L’amour est la seule chose qui grandit lorsqu’il est partagé  — David Diop

Mais le bonheur grandit aussi lorsqu’on le partage. C’est mon plan secret pour sauver le monde : partager du positif avec le plus de gens possible, pour qu’ils fassent pareil, et qu’on soit tous innondés d’ondes positives et qu’on meure de bonheur ou d’amour. Je suis machiavélique ! GNARK-GNARK-GNARK-GNARK-GNARK !!

Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde — Ghandi

Pourtant, ces personnes que j’apprécie n’y sont pour rien, puisque c’est moi qui ressens. Mais un peu quand même, puisqu’ils-elles ont choisi d’être là, près de moi. Du coup, quoi faire d’autre que les aider, ou les aimer ? Rien. Être heureux. Bien le vivre. Partager.

Et tant pis si vous pensez que j’aime les gens qui me font du bien parce qu’ils me font du bien. C’est vrai.


Prochains essais ou pistes de réflexion

  • Émotions paradoxales : je suis le chat de Schrödinger et je le vis bien. Je peux ressentir une émotion et son antagoniste au même instant. La tienne et la mienne ? Mécanisme de défense pour ne pas laisser emporter mon jugement ou mon analyse ? Je ne sais pas, je vais creuser.
  • Les 5 sens à fleur de peau : comment j’entends à plusieurs dizaines de mètres des gens qui chuchottent, comment je reconnais les goûts et les odeurs bien mieux que la moyenne, comment je trouve et dénoue des tensions musculaires juste en caressant, et autres joyeusetés quasi-mystiques…
  • Le détachement émotionnel : comment mon analyse permanente permet à ma volonté d’être toujours plus forte que mes émotions. Autrement dit : chacun de mes actes est une décision murie, prise et exécutée en pleine conscience. Ou comment les autres me prennent pour un sans cœur depuis la nuit des temps, alors que je suis une éponge émotionnelle ultra-sensible à l’émotivité flippante (si seulement ils savaient… On se ferait plus de calins…).

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