« Je t’aime » et autres détails pas futiles du tout…

By on 25 novembre 2015, in Cheminement personnel, Inspiration, Instant suspendu, Journal, Leçons essentielles, Parole

Que veut dire un « je t’aime » ? Qu’implique-t-il ? Qu’est-ce qui se cache derrière ? Ou ne se cache pas ?

« Je t’aime », ça veut dire « j’ai de l’amour pour toi, je le ressens, et je le partage avec toi. C’est gratos ! ». Et ça ne va pas plus loin, à savoir que dire « je t’aime » c’est juste partager l’amour que j’ai pour toi, de moi vers toi.

Tout le reste, c’est à dire notamment :

– mon éventuel désir sexuel
– mon éventuel désir d’engagement
– mon éventuel désir de passer du temps avec toi
– mon éventuel désir d’habiter plus près de toi
– mon éventuel désir d’habiter avec toi de manière atypique
– mon euphorie de te savoir exister
– ma joie d’être en relation avec toi
– ma reconnaissance de la qualité de notre relation
– ma vibrance de te sentir vibrer au plus près de moi
– ma reconnaissance et ma confirmation de ta liberté
– ma reconnaissance de tout(s) le(s) plaisir(s) que nous partageons ensemble
– mon exultation d’avoir trouvé quelqu’un qui me ressemble
– ma complétude d’avoir trouvé quelqu’un de différent, de complémentaire
– ma gratitude pour toutes tes stimulations, pour tous les cadeaux que tu me fais, et pour tous les cadeaux que je reçois que tu ne me fais pas (ce que tu ne cherches pas à donner, mais que je reçois quand même comme des bénédictions…)

Tout ceci n’est pas compris dans un « je t’aime ». Mais je peux ressentir tout ou partie de ces « choses » aussi, suivant les moments.

Pourquoi dire « je t’aime » est-il si difficile, si long, dans un contexte « normal » ou « normé » ? Parce que les gens normaux prennent le problème à l’envers : ils/elles donnent au « je t’aime » directement une multitude de sens, tous les sens en même temps, sans les préciser ni les expliciter à aucun moment de la relation…

Du coup, ça recouvre tellement de possibles, d’émotions (des désirs différents : sexuel, engagement, vivre ensemble, enfants…) et de sentiments différents, pour chacun, que lorsqu’on arrive enfin à le dire c’est souvent « lourd de sens ». Trop lourd. Donc c’est très dur d’arriver à le dire, d’autant que chacun des possibles, désirs et sentiments doit être atteint avant de sortir cette expression fatidique. 

Et pour les partenaires, c’est très souvent source de confusion (« mais, tu m’avais dit que tu m’aimais, pourquoi ne veux-tu pas qu’on habite ensemble ? Je pensais que tu … », etc) et donc de malentendus…

Pour moi, dire « je t’aime » doit être léger. Ardent, intense, mais léger. Ça doit être avant tout un cadeau, pas une demande, ni l’expression d’un ou plusieurs désirs. En tous cas, pas au début de la relation, ou du moins pas n’importe comment : dire « je t’aime » doit s’accompagner de la définition de ce « je t’aime », et d’une définition de l’amour, entre les partenaires.

Peu importe la teneur de cette définition, peu importe qu’elle soit en accord avec les canons sociétaux, peu importe ce que chacun met dans l’amour. L’amour en tant que sentiment est par nature une construction mentale, donc libre à chacun d’y mettre ce qu’il veut. Il n’y a pas de vérité, il n’y a pas UNE vérité, selon moi, sur ce qu’est réellement l’amour.

Tant que les partenaires sont en accord sur leur propre définition, à chaque instant de leur relation, alors la confusion et le malentendu sont évités. Les partenaires sont en synchronie, en harmonie, et peuvent s’offrir des « je t’aime » en toute légèreté, en pleine conscience, puisque chacun sait ce que l’autre met dedans. Ils peuvent s’aimer en pleine conscience de leurs amours respectifs. Ils ont eux-mêmes construits ces amours, et ces « je t’aime ».

Partant de mes propres définitions « aimer, c’est un élan vers l’autre » et « aimer c’est donner », toutes les expressions suivantes illustrent cet état :

– « Je t’aime, et ya pas de quoi fouetter un chat. »
– « Je t’aime, et c’est tout. »
– « Je t’aime, reçois-le si tu veux. »
– « Je t’aime, point barre. »
– « Je t’aime, tu es libre. »
– « Je t’aime, et c’est trop cool. »
– « Je t’aime, et c’est un cadeau pour toi. »
– « Je t’aime, et je suis euphorique que tu existe. » (ce sont bien deux choses distinctes que je ne peux réduire à un « je t’aime », même si c’est tentant)
– « Je t’aime, et j’en peux plus de pas te le dire. »
– « Je t’aime, et je n’attends pas de réponse. »
– « Je t’aime, et je ne te demande pas de me le dire. »
– « Je t’aime, et tu ne m’aimerais pas, ça serait pareil. »
– « Je t’aime, et j’ai éventuellement envie de toi, mais ça n’a rien à voir. »
– « Je t’aime, et je t’embrasse. » (et ce sont deux actions bien distinctes, c’est pour ça que je les exprime séparément)

Avec le temps, la discussion, l’évolution plastique de la relation, et si nous sommes d’accords, en mode explicite à chaque fois, nous pourrons embellir, enrichir, grandir nos « je t’aime » avec d’autres significations. En lui rajoutant des sens.

Pour l’instant, le premier enrichissement que j’ai envie de faire, celui qui me parait le plus évident, parce que je le ressens depuis le début, depuis que je t’ai rencontrée, c’est ma joie intense (mon euphorie ?) de te savoir exister.

Cette euphorie, je la ressens en quasi permanence, chaque fois que je suis avec toi, chaque fois que je pense à toi. Elle me crève le cœur. Chaque fois que tu partage quelque chose de différent, chaque fois que tu te dis, que tu te positionne, à côté de moi (en apposition) mais pour autant près de moi (quand tu dis « c’est trop cool, on a trop de chance »).

C’est elle, cette euphorie, qui m’a donné envie de te dire « je t’aime » pour la première fois. Qui m’a donné envie de te faire ce cadeau, ce don d’amour gratuit de moi vers toi. Il me semble donc légitime et « naturel » de l’intégrer à mon « je t’aime ». C’est fluide. Mais toujours, toujours, en mode explicite.

Comme déjà dit, même si tu ne mets pas la même chose dans tes « je t’aime », peu importe : nous pouvons chacun, librement, indépendamment, mettre ce que nous souhaitons dans nos « je t’aime ». Ils peuvent ne pas être équivalents ! Ce n’est pas un problème, tant que nous exprimons à l’autre, explicitement, ce que nous mettons dedans. Tant que nous nous assurons, de manière verbale ou non verbale, régulièrement, que l’autre a bien pris notre « je t’aime » pour ce qu’il est, pour le sens que chacun de nous y mets.

On en parle ? Et on ajoute ou on enlève tout ce qui nous semble nécessaire d’expliciter. Même si ça vient plus tard. Il n’est jamais trop tard, il est toujours temps d’expliciter quelque chose, de le reconnaître à postériori si c’était là, et de l’enlever des prochains « je t’aime » pour l’y remettre plus tard. Tout est plastique, tout est organique : notre relation est ce que nous en faisons. Nos « je t’aime » portent ce que nous voulons leur faire porter.

Et la vie n’a jamais été aussi douce, aussi belle, aussi riche, pour moi, que maintenant, avec toi.

– Je t’aime, et je te reconnais, dans ce que tu es, dans qui tu es, de semblable à moi, et de différent de moi.
– Je t’aime, et je suis euphorique de te savoir exister.
– Je t’aime, et je te confirme que cet amour que j’ai pour toi te laisse libre d’être toi-même.
– Je t’aime, et je déborde de la jubilation de nous savoir ensemble.
– Je t’aime, et je veux partager cet amour, encore et encore, avec toi.
– Je t’aime, et je brûle de vouloir te donner du plaisir, verbal, non-verbal, cérébral, sexuel, tous les jours que je suis avec toi, tous les jours que tu es avec moi.
– Je t’aime, et j’en crève tellement j’ai d’amour pour toi.
– Je t’aime, et c’est pas grave.
– Je t’aime, et c’est vraiment génial de t’aimer.
– Je t’aime, et c’est profondément bon, enivrant, délicieux, étourdissant, excitant, merveilleux, de me savoir aimé par toi.
– Je t’aime, et je pourrais vraiment en crever, mais je ne le ferai pas, parce qu’il nous reste tellement de choses à partager, que je m’autoriserai à crever d’amour que lorsque nous serons d’accord sur le fait que nous avons assez partagé.

Je t’aime…

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